<img height="1" width="1" style="display:none" src="https://www.facebook.com/tr?id=772966496245259&amp;ev=PageView&amp;noscript=1">
https://garneau.com/us/en/catalogsearch/result/?SID=?q={q}

Rouler la Transcontinentale: 10 jours, un continent et un morceau de tissu

Published on décembre 2016

Voici le récit d’un voyage unique de Geoffroy Dussault, 7ieme place dans l'édition 2016 de la Course Transcontinental. Ci-dessous sont des extraits tirés du blogue www.beyond.bike, rédigé par Geoffroy Dussault.

C’est une aventure insensée, une histoire qui ne se résume pas. C’est un parcours incertain, bâti à partir de 4 points de contrôle sur près de 4 000 km. C’est un objectif à la fois simple et complexe: traverser l’Europe à vélo, le plus vite possible. 

Aux yeux de tous ceux qui le connaissent, Geoffroy Dussault est un cycliste hors-norme qui peut tout faire. Il a couru comme cycliste professionnel avec l’équipe Garneau-Québecor durant des années tout en travaillant à temps plein. Il a parcouru l’Amérique du Nord en cyclotourisme dans des conditions très précaires.

Pour célébrer ses 30 ans, revaloriser l’aventure, le voyage et le vélo, il s’est embarqué l’été dernier dans une course contre un continent, contre des cyclistes ultra expérimentés mais surtout, contre lui-même. La Transcontinental Race, une course sans assistance reliant la Belgique à la Turquie, était la suite logique pour celui qui avait déjà conquis beaucoup de choses sur un vélo.

La conquête d’un continent ne s’improvise pas. Cet ingénieur, chef de produits vélos chez Garneau®, a sa propre formule mathématique :

Efforts = résultats = watts.

Cartésien au travail mais artiste sur le vélo, Geoffroy aime rouler, guidé par la passion et l’émotion. Avant le départ de la Transcontinental, il enchaîne 8 000 km, alternant routes bucoliques et segments Strava. Il s’estime prêt. 

 
Après 360 km de vélo, Geoffroy a raison de Geoffroy. Fidèle adepte de l’excès de watts, mon genou gauche témoigne des répercussions subies durant les 13 dernières heures. L’erreur et l’échec sont primordiaux dans le processus d’apprentissage, ils tissent un lien serré entre l’expérience et la connaissance.  

Le départ

Le Muur Van Geraardsbergen, ancien juge de paix du Tour de Flandres, accueille le départ de la Transcontinental en fin de soirée. Notre héros l’attaque comme s’il était dans la roue de Tom Boonen en fin de course. Au sommet, l’ours, comme ses amis le surnomment, passe seul en tête, s’enfonçant dans la nuit, vêtu de son célèbre maillot gris.  3 799 kilomètres à faire.

2016 Transcontinental Start

 

C’est un départ canon, trop canon;

« Après 360 km de vélo, Geoffroy a raison de Geoffroy. Fidèle adepte de l’excès de watts, mon genou gauche témoigne des répercussions subies durant les 13 dernières heures. L’erreur et l’échec sont primordiaux dans le processus d’apprentissage, ils tissent un lien serré entre l’expérience et la connaissance. » 

Physiquement et mentalement, l’homme est hors-course. Un long repos s’impose avant même le premier point de contrôle, ces 4 balises que les coureurs doivent atteindre pour rester en course.

Reposé, une fois le premier point de contrôle franchi, l’ours repart chasser. Il n’est plus en tête de la course. Il est loin derrière, mais il roule à nouveau, en route vers la Suisse.

Bientôt, les montagnes arrivent. Alpes et Dolomites se succèdent. L’angoisse du dénivelé fait place à la fatigue. Le second point de contrôle est bientôt en ligne de mire. 


Geoffroy Dussault Transcontinental 2016 Mountains


Geoffroy trouve refuge dans les bons moments, comme ce compétiteur tchèque qu’il croise en chemin et qui en est à sa seconde Transcontinental :

« Zbynek est un vétéran. Membre de l’édition no.3 de la Transcontinental, il a abandonné en Italie l’an dernier, suite aux dangers routiers dans le nord du pays. Cependant, ce qui est beau, c’est que malgré cet abandon, il a rallié la République Tchèque à vélo parce qu’il aime ça, faire du bike ! Anodin, simple, grand de sens. Ça me percute. Ça me bouscule. Tout prend son sens. À partir de ce moment, je n’allais plus subir la ride. J’allais lever la tête, apprécier ma chance, laisser la ride me ressourcer. »

Mozzarella, proscuitto, gelato et autres joies italiennes s’intègrent de plus en plus à son quotidien. Loin de vouloir abuser de la dolce vita, il avance à son rythme, maintenant aux portes du 3e point de contrôle. Pendant ce temps, la course folle se poursuit à l’avant. Nombreux sont ceux qui calquent leur course sur le meneur, l’extraterrestre belge Kristof Allegaert, qui a pourtant une journée d’avance sur tous ses poursuivants. Il roule vite et dort moins de 4 heures par jour.

Geoffroy Dussault Transcontinental 2016 Beautiful Countryside

Bientôt, le signal GPS de plusieurs coureurs du top 10, épuisés par ce rythme fou, s’arrête durant des heures. Un peu plus à l’ouest de l’Europe, l’ours sort de son hibernation, s’éveillant à coup de savoureux espressos. Il s’était juré de commencer à « faire la course » après 5 jours. Même si cette promesse fut brisée dès les premiers coups de pédales, elle fut honorée durant les 4 jours suivants. Rendu à mi-chemin, avec quelques 2 000 kilomètres au compteur, c’est l’heure de pousser des watts.

 

Être confiant avec votre vélo est le point de départ pour profiter de la conduite. C'est ce que la série GENNIX D vous offre.

Le vrai départ

L’Europe de l’Est se dessine à l’horizon. Plus que jamais, la course récompense la noblesse du muscle et la tolérance de l’effort. Mais ici, elle encense aussi l’explorateur des temps modernes :

« Il y a pratiquement autant de façons de se rendre au point de contrôle #4 qu’il y a de participants ! J’emprunte des raccourcis de gravier qui, depuis Google Earth, semblent accueillants. Erreur. Le chemin le plus court m’amène à la rencontre de femmes vêtues de noir, saisies dans une époque lointaine. Rabougries par le temps, elles sont probablement millénaires. De voir passer ma carcasse à vélo, défiant le caillou, les stupéfait. Aucun repère, se retrouver nulle part, en lettres majuscules, région aride quasi-désertique, vautour regardant possiblement ma progression jusqu’à l’épuisement. La chaleur écrase, le vent bloque, la  progression est lourde. »

2016 Transcontinental Race Geoffroy Dussault dry climate

Le Monstre du Durmitor, un géant de 50 km qui culmine au-dessus des 2 000 mètres, se dresse ensuite devant ce grimpeur costaud et barbu. Au terme de cette ascension, il se dirige, sans le savoir, dans les ténèbres de la Transcontinental.

« La nuit vient de tomber avec une bruine, laissant ce dernier segment d’environ 70 km dans une ambiance lugubre, la brume venant se mêler au suspense. Chaque automobile qui me croise me lance un appel de phare, me souhaitant la bienvenue dans les lacets qui atteignent 1 800 m. Rejoindre la plaine plus bas se fait à travers une descente technique de 10 kilomètres, perdant 1 300 m de dénivelé dans l’opération. Mais je vois au loin le ciel explosé, une tempête se dirige vers la Macédoine, j’arrive à temps pour goûter à sa puissance. Un mur d’eau m’accompagne, froid, peur. Frissons, tremblements, aucun abri, descente obligatoire. Je n’ai plus de contrôle sur la situation, la peur s’empare de mon corps, je cherche à me réfugier. Subissant une descente presque à l’arrêt afin de rester sur mon vélo, des conditions de "take a kayak". L’hôtel Athéna accueillera ma détresse pour la nuit. Au moins, la dernière montagne est derrière. Le chemin est ouvert jusqu’en Turquie. »

 

Geoff a utilisé le tout nouveau Garneau Gennix D1 pour son aventure transcontinentale. Un vélo tout usage, le Gennix D1 est confortable, offre un excellent dégagement des pneus, mais il est encore assez rigide pour une conduite sans peur.

Le dernier droit

L’infatigable cycliste retrouve son rythme sur l’autoroute Alexandre Le Grand. Longue, plate et grise, cette voie rapide vers la Turquie fait du bien au moral… Jusqu’à ce que le pneu arrière s’ouvre sur un flanc. Geoffroy utilise un billet de 5 euros pour boucher l’ouverture du pneu durant un moment, mais cette rustine improvisée finira par céder :

« À 140 km de la ligne, le GPS s’éteint, les rêves s’envolent, le destin s’installe. Tu es poussé dans tes derniers retranchements, face à toi-même, devant le néant de l’impossible. La ligne d’arrivée est plus loin que jamais. »

Durant 15 heures, Geoffroy Dussault, prétendant au podium à sa première Transcontinental, disparaît du radar. À l’autre bout du monde, sa famille, ses amis et ses fans s’inquiètent.

Une fois rendu dans la ville la plus proche, allant d’un commerce à l’autre, il cherche une solution pour réparer son pneu, mais rien n’y fait. Désespéré, il installe un bout de tissu assez résistant pour garder le pneu en place et empêcher le tube de sortir. Par miracle, c’est reparti !

2016 Transcontinental flat tire

Direction : la ligne d’arrivée. À 30 km du but, une crevaison sur la roue avant complique la situation, mais plus rien arrête l’ours, usé, enflé, frustré et fatigué par ces 10 jours de course. Il roule sur sa crevaison, terminant finalement 7e de cette course folle. C’est le début d’un long repos, savouré en dégustant de nombreux plats et desserts locaux durant des jours.

2016 Transcontinental Race - Geoffroy savors the finish

La Transcontinental l’a fait grandir en tant que personne, en tant que cycliste et en tant qu’aventurier du 21e siècle. Cette épopée lui a inspiré le mot de la fin :

« Parcourir 3 750 kilomètres, replié sur soi-même, pressurisé par la performance et le kilomètre, fait inévitablement remonter les caractères profonds qui nous caractérisent. Pour moi, c’est l’impatience, mais aussi le contrôle. Montre-moi comment tu ride et je te dirai qui tu es. »

Be the first

In case you made it all the way down here - subscribe to our newsletter